Si le droit a besoin de la force pour se maintenir (dans son application), il ne peut y avoir recours pour se fonder (dans son principe).
La force (ou la coercition) se définit comme l'emploi de la violence physique ou la menace d'y recourir. En nomment le subterfuge (Il faut transformer la force en droit et l’obéissance en devoir) Rousseau révèle que la force de la force ne procède pas d’une donnée physique mais d’un processus moral. Car enfin, le pistolet qu’il tient est une puissance; Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu’on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes.
Cette hétérogénéité renvoie en dernier ressort à la disjonction soutenue par Rousseau entre le droit et le fait.
Il ne faut donc pas perdre de vue, rappelle Rousseau, ce qui sépare la force du droit, la nécessité de la volonté, et enfin la prudence du devoir. L’idée d’un droit du plus fort est contradictoire et éminemment absurde. Mais si le droit n’est pas fondé sur la force, la force ne peut-elle pas être au service du droit ? Syrie : la force ne fait pas le droit international Tribune. Pour la plupart d’entre nous, le droit a un caractère contraignant.
Au total, la force ne fait pas droit. Les intellectuels face à la guerre en Syrie. Historien et essayiste. Nous le voyons même comme un système de contraintes d'État qui est lié à un appareil répressif, celui de la police chargée de faire respecter la loi au nom de la sécurité et de l’ordre social. On ne cède à la force que par prudence, par contrainte ; on n’obéit qu’aux puissances légitimes.
Tzvetan Todorov. Le fait que la majorité des individus cèdent devant les menaces de violence étatique ne fait qu'occulter l'emploi de force, dont il est faux de prétendre qu'elle n'existe pas.
Son efficacité se joue dans l’imaginaire.